Aurait-on atteint le fond du panier?


Groupe d’Achat en Commun (GAC), Groupe d’Achat Solidaire (GAS), Groupe d’Achat Solidaire de l’Agriculture Paysanne (GASAP), Association pour le Maintient de l’Agriculture Paysanne (AMAP), … nombreux sont les projets de paniers et de point de dépôts qui ont éclos durant les 10 dernières années. Ces regroupements de citoyens engagés pour un autre modèle de consommation alimentaire ont en effet eu beaucoup de succès dans les milieux militants. Et pourtant, on observe à présent une diminution de ce mode d’achat auprès des producteurs…

Le panier c’est quoi ? Un petit rappel s’impose

Le concept du panier de légumes peut prendre différentes formes de fonctionnement selon le mouvement/organisation qui le distribue. La plupart du temps, les mangeurs s’abonnent pour l’année auprès d’un producteur qui s’engage à les livrer en légumes sous forme d’un panier par semaine pendant toute l’année et selon sa production. Parfois plusieurs producteurs se mettent ensemble pour assurer une diversité plus grande de légumes et assurer un remplissage du panier sur toutes les saisons. Le concept est « win-win » pour tous. D’une part, le mangeur bénéficie de légumes frais et de saison en direct du producteur. La facilité de l’organisation en point de dépôt et jour de livraison fixe est agréable et planifiable. D’autre part, les récoltes du producteur sont assurées d’être achetées pour toute l’année, ce qui lui donne une stabilité financière et la possibilité de mieux planifier ses plans de cultures en fonction de la demande. L’absence d’intermédiaire permet la construction d’une relation de confiance entre le producteur et le mangeur, cela bénéficie à tous.

Un mode de distribution qui bat de l’aile

Fortement utilisé par les producteurs engagés dans l’agriculture biologique, le concept de panier bat aujourd’hui de l’aile. En effet, le nombre de points de vente arborant les étiquettes bio, local et durable a explosé durant ses dernières années. Pour la plupart d’entre eux, la démarche est d’abord orientée vers le consommateur : achats en vrac, zerowaste, mise en œuvre d’un modèle local et participatif. En ville, à Bruxelles par exemple, l’offre est maintenant large (Bees Coop, Färm, The Barn, BioPlanet, magasins bio, …). Mais quels liens sont tissés avec les producteurs ? Quelles possibilités pour cette offre grandissante de se fournir en direct ?

Et chez Agricovert ?

Cette explosion de commerces promouvant une alimentation alternative impacte le créneau des « paniers préparés » contenant les produits de petits producteurs. Par exemple, pour Agricovert, le nombre de paniers réalisés chaque semaine tournait encore autour de 500 à la mi-2016. La chute des commandes de paniers est depuis bien marquée ; environ 20 % de moins (400 paniers par semaine en moyenne). La coopérative constate certes cette évolution et doit bien accepter que le secteur bouge. Mais il n’est pas inutile de rappeler avec force les avantages de ce mode de distribution directe, pour les producteurs, et ce que représente en conséquence l’engagement et la force des consommateurs dans ce modèle.

Le panier est un réel outil de soutien à l’agriculture paysanne, écologique et sociale. Il permet d’assurer à chaque producteur une sécurité sur la production et la vente de ses produits contribuant ainsi à une autonomie financière. Et en même temps, cet outil propose une offre régulière de produits bio, frais, locaux, de saison et de qualité au consommateur. Très concrètement, chez Agricovert, chaque année, les producteurs se réunissent pour établir la planification des cultures et les produits spécifiques pour chacun (en fonction de sa spécialité, des produits bien maîtrisés, des surfaces disponibles, de la qualité du sol, etc). De cette manière, tous, à tour de rôle, plusieurs fois sur l’année, pourront intégrer leurs produits dans l’offre hebdomadaire de paniers, réfléchie en fonction des saisons. Cela représente des quantités souvent élevées : 300 bottes de persil, 250 choux, 200kg de carottes, 200 salades, 100kg de bettes … c’est ainsi une production importante dont le sort est garanti!

En résumé, le panier est d’une part une belle façon de mettre à l’honneur, chaque semaine, les produits, et de valoriser le travail, parfois ingrat, du maraîcher. D’autre part, l’engagement régulier du consommateur dans le système de paniers représente une sécurité plus grande pour le producteur, au contraire de ses choix parfois changeants (ou plus uniformisés) en magasin. Certains regrettent de ne pas avoir une maîtrise complète de la composition, mais est-ce vraiment un inconvénient ? La surprise d’un légume inconnu ou peu cuisiné donne une opportunité nouvelle d’y goûter et de réaliser une recette originale (les paniers sont accompagnés de propositions de recettes).

Adopter le panier c’est non seulement soutenir les petits agriculteurs mais c’est aussi accepter de découvrir des produits de chez nous, peut-être inconnus, mais appropriés à nos conditions de culture, cultivés en bio et forcément savoureux. Pensez-y…

Jean-Philippe et Maïté pour Agricovert

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